Pastelliste distingué, poétique et prenant, neuvième enfant d’une famille de notaire de Dinant, vous avez fait vos études à Liège, puis vous montez à Paris où, peu à peu, vous devenez un spécialiste très aguerri des portraits de personnalités françaises à l’époque très connues dont vous faisiez des copies. Hélas, beaucoup d’entre elles ont disparu.
On voit ici votre autoportrait, reproduit par une artiste médiocre, avec votre crinière, Messire Lion, dont on devine les tons ocres.
C’est un buste dépouillé de tout accessoire et émouvant de simplicité, alors que vous qui auriez tant de raisons de quelque peu vous vanter.
En 1750, un 6 juin, vous débarquez dans la capitale autrichienne où vous séjournerez durant les 15 années qui …Vienne.
L’histoire ne dit pas si, dans la cité des Beaux-Arts, vous fûtes enchanté d’y rencontrer Mozart.
Une chose est sûre : vous aviez de l’ambition et, patiemment, gravissez tous les échelons jusqu’à la cour de l’empereur du Saint-Empire Germanique pour y peindre Joseph II, l’Impératrice Isabelle et toute sa clique.
Vous donnez des cours de dessin à la noblesse car ce passe-temps était encore plus prisé que le tabac logé dans les tabatières en fer blanc dont vous décoriez, à l’occasion, les couvercles, de fioritures.
Vous fréquentiez la noblesse et peigniez pour elles quelques miniatures.
Votre penchant pour les couleurs vives et votre souci du détail ont participé, sans nul doute, à la reconnaissance de votre travail.
Et, j’oserais même dire que vos couleurs vives qui traduisent l’émotion préfigurent le fauvisme. Quoi de plus normal pour …un Lion !
Vous vendiez des reproductions artistiques à des prix assez élevés mais dont la facture …était remarquable et fort appréciée.
Après avoir fait le tour de la noblesse autrichienne et de ses marivaudages, plutôt que de tourner en rond, comme un …Lion en cage, à l’âge de 37 ans, vous êtes de retour à Dinant pour donner des cours de dessins à de jeunes débutants.
Vous serez exposé à Londres dans des musées, - pas dans des squares ! -, Et vous continuez à honorer quelques commandes princières.
Il y a une ou deux œuvres, si on regarde bien - et c’est pas facile ! -, exposées, quelque part, ici dans notre Hôtel de Ville.
Vous avez esquissé des croquis de notre Collégiale, plus que corrects car vous possédiez également des aptitudes d’architecte.
À votre décès, chez votre nièce, vous devenez, en quelque sorte, à votre tour, si je puis me permettre, …une nature morte !
Avant ce jour, on vous connaissait un peu, mais pas des masses.
Vous voilà intronisé à titre posthume, comme qui dirait par contumace…
Et, dès lors, on ne pourra plus dire, avec désinvolture,
que vous êtes quelqu’un qu’on ne sait plus vous voir …même en peinture !
De plus, la Confrérie va rugir de plaisir assurément
puisqu’elle compte désormais un Lion dans ses rangs.