Vous êtes né un douze février (verseau est votre signe du zodiaque) dans une petite maison rue d’Enfer, qui n’avait rien de paradisiaque où votre père, musicien, avait élu son do/mi/ci/l’ à /sol/ fa/ci/l’ à/ ci/rer.
Alors que les papas dinantais, soucieux d’avoir la paix, envoient leurs enfants jouer au bois du casino, votre père vous envoie jouer du hautbois, puis du piano.
De même, pour éviter que vous fassiez une fugue improvisée, Joseph-Jacques, votre père, vous invite à apprendre à en jouer.
Vous entrez au Conservatoire royal de Bruxelles à 11 ans.
Cinq ans plus tard, obtenez un premier prix, à l’âge de 16 ans.
Il ne vous aura donc fallu qu’un lustre pour éclairer la capitale et ses musicastres ampoulés, de votre génie musical.
Vous devenez soutien de famille, à la mort de votre père et donnez sporadiquement des cours de solfège, diriger de petits concerts.
Et vous vous occupez de votre frère Jacques, dès qu’ont sonné les matines.
Période de vaches maigres et, dans les difficultés, un sentiment domine : c’est le sentiment d’injustice qui vous poursuivra tout du long et qui s’exprimera avec vigueur dans la plupart de vos compositions.
On vous disait très peu mondain, torturé et très secret.
Composer de la musique, c’était là votre unique et grand projet.
De la musique symphonique, de chambre, d’orgue, de piano, des pastourelles, des sonatines, des pièces pour violoncelle et alto.
Toutes des mélodies faites de rugosités et de dissonances qui claquent.
Je ne sais pas si, à dix-huit ans, vous avez passé votre Bac(h) mais vous étiez, à mon avis, aussi virtuose que lui.
Des compositions souvent contrastées mais toujours réussies où l’harmonie et le contre-point, vont à chaque fois…de concert !
Petit bémol : vous avez aussi envisagé des projets un peu fous, des chimères.
Comme vous lancer dans la culture intensive des champignons, la reproduction de chiens de race ou le commerce de pianos d’occasion.
Mais, à coup sûr, votre plus extravagante lubie reste d’avoir voulu ouvrir une école de musique …en Albanie.
Votre écriture musicale fut influencée par celle de Debussy et de Ravel.
Brièvement professeur d’harmonie au Conservatoire de Bruxelles, vous reposez d’ailleurs dans un cimetière local celui de Woluwé Saint-Pierre … tombale !
Vous nous avez quitté prématurément.
Car, si vous aviez la musique dans le sang, vous aviez aussi, fort malheureusement, un taux d’urée bien trop important qui vous emportera à l’âge de 39 ans.
Et maintenant que vous êtes décédé, on ne peut plus vous écouter que grâce à des CD’s.
Bienvenue, Monsieur Huybrechts, dans notre Confrérie.
Sachez que vous y serez en très bonne compagnie car nous y comptons deux éminents compositeurs déjà : Messire Alain Crepin et Messire Vladimir Cosma !